«Ne cherchez pas à voir clairement trop vite. Laissez les choses se dévoiler.» inspiré de Rainer Maria Rilke
Janvier arrive souvent avec son cortège de résolutions, de listes et d’injonctions.
Pour ma part, j’ai envie de commencer autrement. Miriam Shulman propose de se choisir un mot guide pour l’année. Un mot qui devient comme une boussole intérieure. Un mot qui ne dicte pas ce que je dois faire, mais qui me rappelle ce qui compte vraiment, ce que je souhaite nourrir, explorer dans ma vie et dans mon art.
Cette année, comme je vis une période de flou artistique mon mot est « Dévoiler ». Il m’invite à laisser émerger ce qui est encore invisible, à retirer le superflu pour faire apparaître l’essentiel. À écouter plutôt qu’à imposer, à observer plutôt qu’à conclure trop vite.
Dévoiler, ce n’est pas tout montrer, ni tout contrôler. C’est accepter de marcher dans le flou, de prendre le temps, de créer un espace où l’inattendu peut se révéler. Dans l’atelier, cela se traduit par des gestes libres, des expérimentations sans résultat attendu, des couleurs et des formes qui se laissent découvrir. Dans la vie, cela se traduit par des choix plus conscients, un ralentissement, et la capacité à remarquer ce qui cherche doucement à se montrer.
Choisir un mot guide, c’est donner un cadre doux à l’année. Une manière de rester alignée avec soi-même tout en restant ouverte à la surprise. Dévoiler est pour moi cette lumière qui éclaire doucement le chemin, mois après mois, geste après geste.
Mais un mot seul ne suffit pas : pour vraiment le faire vivre, j’ai choisi une intention pour chaque mois. Chaque intention mensuelle est comme une loupe qui éclaire une facette particulière du mot. En janvier, mon intention est « Clarifier » : prendre le temps d’écouter ce qui cherche à se montrer, de retirer ce qui encombre, d’ouvrir un espace pour que l’essentiel apparaisse. En suivant cette intention, je peux expérimenter, observer et affiner mon mot guide, geste après geste, mois après mois.
Ainsi, le mot guide ne reste pas une idée abstraite : il devient une pratique. Les intentions mensuelles me permettent de me rapprocher de l’essentiel sans me perdre dans la pression de produire ou de tout décider. Elles transforment le dévoilement en un chemin concret, sensible et progressif.
C’est un peu comme un atelier intérieur : chaque mois, je pose un geste, j’écoute, je laisse émerger, je prends des notes, et je continue d’explorer. Au fil de l’année, je découvre non seulement ce qui se dévoile dans mon art, mais aussi ce qui se révèle dans ma vie. Je me pose une question simple : « qu’est-ce qui cherche à se montrer maintenant, sous le bruit, sous les attentes, sous les habitudes ? »
Créer n’a jamais été, pour moi, une démonstration ni une performance. C’est un dialogue lent avec ce qui se révèle peu à peu. Une façon d’entrer en relation avec l’émotion, avec le vivant, avec ce qui cherche à se dire sans encore avoir de mots.
Nous vivons à une époque saturée d’images, de sollicitations et d’opinions. Pourtant, ce qui nous nourrit réellement se manifeste souvent autrement : une sensation fugace, une mémoire, une couleur, une intuition qui insiste doucement. Clarifier, c’est apprendre à reconnaître ces signaux subtils et à leur faire de la place.
En ce début d’année, je nous invite à ralentir, à alléger le regard, à écouter ce qui murmure plutôt que ce qui crie. À permettre au flou de se déposer pour que quelque chose de plus juste puisse émerger.
Tout au long de l’année, je partagerai avec vous des réflexions, des images, des fragments d’atelier et de création autour de ce thème du dévoilement : l’art comme espace de révélation, de transformation et de présence. Un lieu où l’on ne force rien, mais où l’on accueille ce qui se montre.
Et vous…qu’est-ce qui cherche à se dévoiler dans votre vie en ce moment ?
Je vous souhaite une année claire sans être rigide, sensible sans être fragile, profondément habitée.
Merci d’être là, de lire, d’écouter, de cheminer avec moi.
Myriame