Myriame Beaudoin artiste peintre alias MyriBo logo


Dévoilement en révision

« La couleur est un pouvoir qui influence directement l’âme. » — Vassily Kandinsky

Février s’est achevé doucement. Depuis janvier, je porte le mot Dévoilement comme fil conducteur de mon année. Non pas pour m’exposer davantage, mais pour laisser apparaître avec plus de clarté ce qui, dans mon travail, est déjà là — essentiel, profond, fidèle.

En février, le mot qui a guidé ce dévoilement était «réviser». Réviser, pour moi, ce n’est pas corriger. C’est affiner. C’est revenir avec un regard plus conscient sur mes gestes, mes élans, mes choix. C’est accepter de ralentir pour mieux voir ce que l’expérience a déjà déposé en moi.

Dans l’atelier, j’ai volontairement restreint ma palette au bleu, dans toutes ses nuances. Ce choix n’était pas une contrainte, mais un approfondissement. En restant dans cette couleur, j’ai pu explorer plus finement la vibration, la lumière, la respiration intérieure de chaque esquisse. J’ai compris à quel point la subtilité contient une force tranquille. Mon travail ne cherche pas l’effet — il cherche la résonance.

Je me suis également nourrie de la formation de la peintre américaine Vanessa Lemen, dont l’univers oscille entre abstraction et figures imaginaires. Observer sa manière de laisser émerger le visible à partir de l’indéfini a confirmé quelque chose que je sais aujourd’hui avec plus de certitude : une œuvre forte ne se construit pas seulement, elle se révèle.

Après toutes ces années de pratique, je sens que mon travail s’inscrit dans cette intention claire : créer des œuvres qui continuent de se dévoiler avec le temps.

Je crois profondément qu’une œuvre importante n’offre pas tout d’un seul regard. Elle accompagne. Elle dialogue. Elle évolue avec celui ou celle qui vit avec elle. Collectionner une œuvre, c’est entrer dans cette relation vivante — une relation qui s’approfondit au fil des années.

Alors que février se termine, j’aimerais vous poser une question concrète : Y a-t-il une œuvre dans votre espace — ou une œuvre que vous avez rencontrée un jour — qui, encore aujourd’hui, transforme légèrement votre regard ou votre état intérieur lorsque vous la contemplez ?

Je me souviens de ma rencontre avec « Le coureur des bois » de Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté. Ce qui m’a marquée n’était pas seulement la virtuosité, mais la lumière. Les multiples nuances de vert, presque infinies, créaient une sensation d’apaisement et d’émerveillement. Chaque fois que je revisite cette œuvre, elle me rappelle combien la lumière et les subtilités ont le pouvoir d’agir en profondeur.

C’est cette qualité de présence que je poursuis. Des œuvres qui ne s’imposent pas, mais qui habitent. Des œuvres qui révèlent, doucement, quelque chose d’essentiel.

Le dévoilement continue.