Réflexion de juin 2022

Nourrir une nouvelle conscience pour ré-enchanter le monde, serait-ce notre  nouveau devoir de citoyen? C’est ce que suggère Thomas D’Ansembourg. 

«Dans notre fascination pour l’horreur, nous avons oublié la puissance de la beauté» Guy Corneau.

Ma pratique comme artiste peintre n’est pas anodine avec mon désir d’ajouter de la beauté dans notre monde et de développer une nouvelle conscience pour sortir de notre culture du malheur, de la méfiance et de la séparation. À l’origine, j’ai choisi ma carrière d’architecte paysagiste pour pouvoir contribuer à maintenir et ajouter de la beauté dans notre environnement. Je crois fermement à la force de la beauté dans le monde. Il y a également un objectif humaniste à ce choix. J’ai voulu que les lieux que j’aménagerais soient des lieux de rencontre. Des lieux où les rapports de force, la division, la méfiance et la séparation des visions n’existeraient pas. C’était probablement très idéaliste de ma part. Mais j’aime croire à cet idéal. Aujourd’hui, je suis artiste peintre pour les mêmes raisons. C’est le sens de mon engagement. Un engagement social à ré-enchanter le monde en créant de la joie. Nous sommes bombardés continuellement de mauvaises nouvelles, ce qui devient très anxiogène. Pour contrecarrer cette tendance, ma mission est de créer de la joie. De trouver et de montrer de la beauté dans les choses et les moments simples de notre quotidien.

Récemment j’ai suivi deux formations sur la plateforme MentorShow soit une de Frédéric Lenoir et une autre de Thomas D’Ansembourg. Cela m’a beaucoup interpellé sur la notion de la joie et du vivre ensemble. J’en ai retenu qu’apprendre à vivre, c’est apprendre à cultiver la joie. La vie n’est pas aimable en soi, mais nous pouvons décider d’aimer la vie. Alors la vie nous le rend bien.

Nous avons plus souvent appris à compenser notre mal-être qu’à nourrir notre bien-être. Nous pouvons cultiver un terrain favorable à la joie :

  • En étant présent et en portant attention par exemple à la beauté de la nature;
  • En étant bienveillant envers les autres. La bienveillance serait d’ailleurs, le meilleur ami de la joie;
  • En ayant de la gratitude;
  • En évitant les comportements qui ne font que diviser, mener au conflit;
  • En cherchant à voir autrement que de manière binaire. Entre le bien et le mal il y a souvent plusieurs nuances.

Notre société est devenue dans ce sens très binaire. Il y a de moins en moins d’écoute mutuelle mais beaucoup de jugement hâtif manquant de discernement et d’objectivité. Nous n’écoutons pas pour comprendre mais pour répondre, pour avoir raison, avoir le dernier mot. Nous interprétons trop souvent dans le filtre du malheur et du rapport de force. Alors que les moments de désaccord devraient être vus comme des opportunités de rencontre pleines de richesses.

Je choisi d’être heureuse plutôt que de chercher à avoir raison. Je choisi la culture de l’ouverture plutôt que de la fermeture. Je constate malheureusement qu’il n’y a pas de débats politique qui ne soit pas dans la confrontation. J’ai l’immense sentiment que nous devons vraiment changer de paradigme social et politique pour évoluer vers une nouvelle conscience qui ne serait plus basée sur des rapports de force mais plutôt sur le développement d’une intelligence collective et bienveillante. C’est le défi que je nous lance à tous et surtout à nos politiciens.